Lisette Model, 1901-1983, photographier avec ses tripes

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Lisette Model, Self-portrait

Née autrichienne le 10 novembre 1901 à Vienne elle décède américaine le 30 mars 1983 à New York. Son père est un médecin d’ascendance juive et d’origine  italo-autrichienne et sa mère est française et catholique. Elle suit une formation musicale et est influencée par son professeur, le compositeur Arnold Schönberg. Elle quitte l’Autriche pour la France à la mort de son père en 1924. Après avoir abandonné ses études musicales elle décide d’apprendre les arts visuels. Elle sera l’élève d’André Lhote qui comptera parmi ses autres illustres élèves Henri Cartier Bresson et George Hoyningen-Huene. C’est sa sœur Olga Seybert qui guidera ses premiers pas en photographie avant de recevoir l’enseignement du portraitiste Rogi André qui lui tiendra ces propos impacteront son travail : « ne prend jamais ce qui ne te passionne pas ».

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Lisette Model, La Promenade des Anglais, Nice, France, 1938

1.       Une femme photographe.

Les raisons qui poussent Lisette Model à se tourner vers le medium photographique sont expliquées par la conservatrice Christina Zelich. Ainsi, à travers cet instrument « elle s’initia à une discipline qui séduisait bien des femmes. La photographie leur offrait un moyen de subsistance associé à une expression artistique et, éventuellement, la possibilité d’accéder à la notoriété, les plaçant ainsi sur un pied d’égalité avec les hommes ».

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Lisette Model, La Promenade des Anglais, Nice, France, 1938

En 1937 elle épouse Evsa Model et ils émigrent pour les Etats Unis. Là elle devient photographe professionnelle et membre de la New York Photo League. En 1940, après plusieurs publications dans le Harper’s Bazaar et quelques expositions remarquées, certaines de ses œuvres sont acquises par le MoMA de New York. Ces images seront exposées en 1948 au sein du musée aux côté de celles de Bill Brandt, Harry Callahan et Ted Croner. Lisette Model devient ainsi une photographe de renom, reconnue pour son travail artistique et indépendante financièrement.

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Lisette Model, Coney Island Bather, New York, 1939-1941

2.       Une carrière tempérée par le maccarthysme.

Arrivée aux Etats Unis elle réalise plusieurs séries dont une portant sur les jambes des passants des rues de New York, décrivant l’atmosphère de la vie de la ville à travers cette métonymie  visuelle. Elle photographie également les personnages marqués par leur vie, les personnages atypique, ceux qui portent sur leur visage la trace de leurs émotions.

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Lisette Model, Running Legs, 1940-1941

A partir de 1951 et jusqu’à sa mort, elle enseigne à la New School for Social Research à New York où elle aura notamment pour élève Diane Arbus et Eva Rubinstein et Larry Fink. Elle garde ainsi une grande influence sur la Street Photographie américaine grâce à son travail d’enseignement. En parallèle, elle continue sa carrière de portraitiste et photographiera notamment Frank Sinatra, Georges Simenon, Louis Armstrong ou encore Ella Fitzgerald. Toutefois, sa carrière est handicapée par la « Chasse au Sorcière » menée au Etats-Unis contre les personnes suspectées de liens avec le Communisme.

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Lisette Model Louis Armstrong, 1954-1956

Au tout début de son travail de photographe elle réalise ses portraits les plus reproduits alors qu’elle rend visite à sa mère à Nice, prenant en catimini la faune de la Promenade des Anglais.  Ce travail sera publiée en 1935 dans Regards un magazine communiste français. Elle cachera toute sa vie ce début de carrière qui aurait pu lui faire du tort aux Etats-Unis.

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Lisette Model, Sammy’s, New York, 1940-1944

Dans son travail elle utilise le close-up, une technique non sentimental et sans retouche, comme traduction de la vanité symptôme d’une société frappée par l’insécurité et la solitude. C’est du fait de cette technique et de sa volonté de montrer en photographie les problèmes de la société que Lisette Model est considérée comme une photographe sociale. Pour réaliser ses portraits poignants Model ne parle pas avec les gens qu’elle photographie et c’est le conseil qu’elle donne à ses élèves. Selon elle, les gens « ont la physionomie de la vie qu’ils ont eu et de leurs émotions. »

Dans ce cadre, arrivée à New York elle travaille avec la Photo League qui sera bientôt dénoncée par le maccartisme. Elle sera interrogée par les autorités compétentes mais ne sera jamais accusée. Malgré cela sa carrière sera affectée par sa participation à la Photo League et elle ne trouvera plus de magazines près à publier ses photographies. Elle continuera toutefois la photographie, se tournant vers sa première passion, la musique. Elle réalise une splendide série sur l’opéra et la faune la fréquentée, touchant directement à la société américaine.

Sources :

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