Martin Chambi (1891-1973)  et la fierté du sang indigène

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Martin Chambi – Selfportrait,Cuzco 1923

« J’ai lu qu’au Chili on pense que les Indiens n’ont pas de culture, qu’ils ne sont pas civilisés, qu’ils sont intellectuellement et artistiquement inférieurs aux blancs et aux Européens. Plus éloquente est monopinion, en tout cas, le sont les témoignages graphiques. Mon espoirest qu’un constat impartial et objectif examine cette évidence. Jesens que je suis représentatif de ma race ; mon peuple parle à
travers mes photographies » Martin Chambi, 1936.

Cette citation est
représentative du travail photographique de Martin Chambi dès les
années 1910 et jusqu’aux années 1970. Si nous nous intéressons
aujourd’hui à l’oeuvre de Martin Chambi c’est parce qu’il est l’un
des premiers photographes de sang indigène d’Amérique Latine a
avoir fait le portrait de son peuple, digne et fier. La valeur
documentaire historique des photographies de cet artiste péruvien
est indéniable.

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Martin Chambi, Indian
from Paruro, Cuzco Studio, 1933.

Martin Chambi est né en
1891 dans le département de Puno. Il est originaire d’une famille
pauvre de paysans et grandit dans la tradition indigène Quechua.
Suite à la mort de son père, et à seulement 14 ans, il est obligé
d’aller travailler pour la Santo Domingo Mining Company dans
les mines d’or de Carabaya, au sud-est du Pérou. Cette expérience
lui changera la vie car la rencontre avec des photographes anglais
travaillant pour la même compagnie, déclenchera sa passion pour la
photographie.

Alors que la photographie
était un travail technique à cette époque, Martin Chambi la
transformera en création artistique. En 1908, il part habiter à
Arequipa, la ville blanche au ciel bleu éternel, où la photographie
est en plein essor et où se trouvent de nombreux photographes de
renom. Il commence à travailler dans le « studio Vargas »,
du grand photographe local Max T. Vargas, où les familles de la
classe moyenne et aisée se font tirer le portrait. C’est grâce à
lui qu’il pourra exposer pour la première fois en 1917 au centre
artistique de la ville.

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Martin Chambi, nude, Cuzco,
1936

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Martin Chambi,  Don
Julio Gadea’s wedding, Prefect of Cuzco, 1930

Le contexte historique
dans lequel se trouve Martin Chambi est favorable au développement
de sa passion et l’incitera à partir à Cuzco, ancienne capitale
Inca, dans les années 1920. C’est à cette époque que sa carrière
artistique prendra tout son essor.  Il commence en prenant des
portraits de la classe aisée de Cuzco. Mais il développera son
talent artistique en explorant et photographiant cette région
chargée d’histoire mais aussi de situations sociales dramatiques.

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Martin Chambi, Panoramic viex, Machu
Picchu, Péru – 1925

Le Pérou commence alors
à devenir un centre historique. Ainsi, ce n’est qu’en 1911 que la
citadelle de Machu Picchu, aujourd’hui tant photographiée, sera
officiellement découverte par Hiram Bingham. Quelques années plus
tard, Chambi contribuera au rayonnement de ce site absolument
incroyable.

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Víctor Mendivíl with the giant of Paruro – 1929.Martin Chambi

C’est à travers plus de
30 000 clichés que Martin Chambi va nous révéler les secrets les
mieux gardés des Andes et ses habitants. Photographe, documentaire,
artiste et réaliste, Martin Chambi réussit à travers chaque
cliché, à révéler l’âme de son peuple mais aussi et surtout
mettre en valeur la singularité de chaque personne, paysage ou
situation qu’il photographie.

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Martin Chambi, Sunrise at Plaza de Armas, Cuzco, 1925

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Martin Chambi, Ezequiel Arce and his potato harvest. Cuzco. 1939

Martin Chambi
photographie dans son studio, dans les rues de Cuzco et les montagnes
de sa région. Il documente l’histoire de son temps, de son peuple et
de sa région tout en rendant évidente sa sensibilité artistique.
Son œuvre a permis le développement de l’art photographique de son
pays et son rayonnement international.

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Martin Chambi, organist in the chapel of Tinta, 1941

Les photographies de
Chambi nous renvoient à la réalité des inégalités entre classes
sociales. Au quotidien du peuple péruvien et la soumission et
discrimination des peuples indigènes. Mais elles rendent éternelle
la dignité et l’élégance de son peuple.

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Martin Chambi, a begging child, Cuzco, 1934

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Martin Chambi, Chicha and Sapo, traditions of Cuzco, 1931

De son
vivant, l’oeuvre de Martin Chambi a été exposée au Pérou mais
aussi en Bolivie et au Chili. Photo-journaliste pour le journal La
Crônica
et les revues
Variedades et Mundial
il a également travaillé pour La Nacion
(journal Argentin) de 1918 à 1930 et a publié ses photographies
dans la très célèbre revue National Geographic en février 1938.
En 1979 son œuvre sera même exposée au MoMA (Museum of Modern Art
– New York). Alors qu’il était toujours en vie, Martin Chambi
s’est efforcé de faire connaître son œuvre. Malheureusement, les
péruviens, à la mémoire courte, n’ont pas été à la hauteur de
cet héritage photographique. Ce n’est que depuis quelques années,
grâce au travail de sa fille Julia Chambi et de son petit-fils Teo
Allain Chambi, que le nom et le travail de cet artiste raisonnent à
nouveau entre ses concitoyens.

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Martin Chambi

Sources:

http://www.mutualart.com

http://martinchambi.org

http://www.moma.org

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