Alice Austen (1866-1952) une femme en avance sur son monde

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(Self) Portrait, Monday, September 19th 1892, 3:45 pm

1.      Une photographe humaniste avant l’heure

Alice Austen est abandonnée à la naissance par son père etest élevée par sa mère et ses grands-parents maternels dans la maison familiale,
Clear Confort, où elle habitera toute sa vie. Elle a la chance de vivre dans un
environnement familial aimant et à l’abri des difficultés matériel malgré l’absence
de son père.

A l’âge de 11 ans, Alice Austen reçoit de son oncle, capitaine
de la marine marchande danoise, un appareil photographique. Elle est
immédiatement fascinée par cette invention et consacrera 40 années de sa vie à
la production de plus de 8000 images. Aidé par un autre de ses oncles, Peter,
professeur de chimie, elle apprend dès le plus jeune âge apprend la théorie
nécessaire au développement de ses essaies photographiques. Elle installe alors
son laboratoire photographique dans le grenier de la maison familial où elle
doit monter l’eau nécessaire au développement avec l’aide d’une simple bassine.
A l’âge de 18 ans, les compétences photographiques de Austen sont déjà
comparables à celle d’un photographe professionnel. Les plus anciens clichés d’Austen
qui ont survécu dates de cette époque. Ils mettent en scène la vie de tous les
jours de la jeune femme, sa famille, ses amis, son amour, sa maison, son jardin et réalise quelques autoportraits
travaillés.

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Julia Martin, Julia Bredt and Self dressed up as men, 4:40 p.m., Oct. 15th, 1891 

Elle ne se contente rapidement plus de ces photographies de
proximité. Elle parcourt souvent les rue de Staten Island à bicyclette avec ses
25kg d’équipement photographique. Une de ses seules photographies publiée à
titre commercial sera celle de son amie Violet Ward (auteur de Bicycling for Ladies) faisant du vélo,
le plus lentement possible afin de réussir une image nette.

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Weeling, 1896

Elle prend aussi régulièrement le ferry pour se rendre à
Manhattan où elle prend un grand nombre de clichés. Connue pour ses
photographies de rue, elle saisit avec justesse les émigrants descendant de
bateau à Ellis Island comme les balayeurs, les postiers ou encore les cireurs
de chaussure. Contrairement à certains de ses contemporains (Jacob Riis
notamment), elle ne photographie pas la misère des bas-fonds newyorkais, mais
les sourires des personnes les moins aisées (Deux Chiffonniers 1897). D’aucun
pourrait décrire cette manière de photographier comme une façon de nier l’existence
de la misère de ses contemporains. Toutefois, se faisant Austen nous donne une
représentation de ces hommes et de ces femmes à la fois dignes et serins.

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Rag Pickers, 23rd Street, 1896

Elle est l’une des premières femmes photographes aux
Etats-Unis et certainement la plus prolifique. En outre, Alice Austen se
démarque de ses contemporaines en osant sortir son appareil photographique de
la sécurité d’un studio. Ces photographies de rue mêlent représentation
artistique et récit documentaire. Elle raconte ainsi le monde en image et nous
donne son point de vue sur la vie de son époque. Elle documente précisément ses
prises de vue, donnant des indications sur les techniques qu’elle utilise, le
temps de pause choisi, les conditions d’éclairage et le sujet qu’elle souhaite
présenter.

Si elle choisit de photographier son entourage, elle réalise
également des travaux plus engagés sans jamais véritablement chercher à vivre
de son art. C’est ainsi qu’elle participe à l’illustration des travaux de son
amie Daisy Elliott, professeur de gymnastique présentant les bonnes et les
mauvaises posture à prendre dans l’effort.

Elle participe également à un travail de commande pour le
Docteur Doty des services de santé publique sur l’établissement local de
Quarantaine réservé aux immigrants nouvellement arrivés sur le continent. Il s’agit
pour Austen d’un travail au long cours. Elle se rend ainsi pendant près d’une
décennie sur les îles de Hoffman et Swindurn, voisines de Ellis Island et
réservé à la mise en quarantaine des nouveaux venus.  

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Quarantine Island, 1896

La composition de ses images renvoie souvent au canon de
beauté classique du XIXème siècle, renvoyant à l’idée que la nature représentée
par l’artiste doit saisir tant la beauté des lieux retranscrit que l’esprit qui
s’en émane.

2.      
Une Femme en avance sur son époque

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Austen n’est pas uniquement photographe, mais une femme
indépendante aux facettes multiples. Paysagiste, athlète et tenniswoman de
renom (elle sera membre du tout premier club de tennis des Etats-Unis à
Livington), elle est la première femme de Staten Island à posséder une voiture.
Elle ne se mariera jamais et passera 50 années en compagnie de Gertrude Tate,
en décalage avec l’époque Victorienne dans laquelle elle vit le jour. Gertrude
Tate sera le sujet de certaines de ses photographies. Institutrice et danseuse,
Tate accompagne Alice dans ces séjours en Europe et fini par s’installer à
Clear Comfort en 1917 bien la famille de Tate n’approuve point cette union.

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Alice Austen, Trude & I, August 6, 1891, 11pm

De son vivant, Alice Austen est une figure incontournable de
Staten Island et de New York et fait partie de nombreux clubs. Horticultrice
elle crée un club autour de cette autre passion.

Cela n’empêche pas à Alice Austen d’être frappée de plein
fouet par la crise de 1929 et à 63 ans elle se retrouve dans une situation
financière précaire. Avec sa compagne elle ouvre un salon de thé dans la maison
familiale avant de devoir vendre un à un tous ses biens. Elle arrive toutefois
à protéger ses photographies en les confiant à un ami, Loring McMillen. La
famille de Gertrude Tate accepte de lui procurer à elle et elle seulement un
logement, contraignant Alice Austen à trouver refuge dans un refuge. Son
travail est retrouvé par Oliver Jensen qui souhaite éditer l’œuvre de femmes
célèbre. Les bénéfices de cette publication permettent à Alice Auster de sortir
de sa pauvreté. Elle aura alors la chance d’assister de son vivant à la
première grande exposition publique de son travail.

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Auteur inconnu, Alice Austen le jour de la première exposition. 

La ville de New-York finit par reconnaître l’importance de
son travail pour l’histoire de la ville et achète la maison dans laquelle elle vécut.
Clear Confort est aujourd’hui un musée présentant le travail de l’artiste qu’était
Austen en parallèle avec des créations contemporaine. Les photos ici présentées proviennent dans la plus part des cas directement ou indirectement de la collection permanente du musée. 

Sources :

·        
http://aliceausten.org/her-photography

·        
http://aliceausten.org/her-life

·        
http://www.historichousetrust.org/item.php?i_id=32

·         « Tout sur la Photo, Panorama des
mouvements et des chefs-d’œuvre », ed Flammarion, sous la direction de
Juliet Hacking.

;Zo���N

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